13.2.08

Quand l'Ordre fait un peu de com...

Manifeste pour les villes

« L’architecture ne peut sauver le monde
mais elle peut donner le bon exemple »
Alvar Aalto

Maires, Citoyens,
C’est
sur votre commune que se construisent chaque jour notre
identité et notre culture.
Mais cette histoire collective qui a su créer patrimoine et richesse
économique tout en rassemblant la nation est aujourd’hui fragile
et c’est à vous qu’il appartient de permettre qu’elle se poursuive.
Car nos villes se défont en même temps qu’elles s’étalent.
L’urbanisation non maîtrisée qui consomme plus de 50 000
hectares par an génère des coûts sans réelle contrepartie pour
la collectivité et condamne le citoyen à un isolement accru, un
suréquipement automobile, des trajets chronophages.
Le monde hésite entre sa beauté et son désastre.
Il vous revient de rebâtir des villes qui réconcilient au lieu de
diviser tout en répondant durablement aux aspirations de notre
temps et à celles des générations futures ; les expériences d’écoquartiers
constituent un laboratoire des villes telles que nous les
souhaitons : solidaires, innovantes et belles.
Des villes plus solidaires
Pour retrouver ces lieux de mixité sociale dans lesquels s’enracinent
les valeurs de la République, chacune de nos villes doit offrir à nos
concitoyens, tout au long de leur vie, la possibilité d’un habitat
adapté à leurs besoins et ressources. Il manque aujourd’hui en
France 800 000 logements, dont 500 000 logements sociaux, et,
à ce titre, le respect de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain
est essentiel.
Il faut privilégier la constitution de quartiers intégrant les
fonctions nécessaires à l’équilibre du bien vivre : la ville de demain
doit offrir à l’échelle du piéton, le travail, le logement et le loisir.
Dès maintenant, les emplois, les commerces, les services, l’habitat,
sans oublier les centres commerciaux devenus de nouveaux lieux
de convivialité, doivent être reliés entre eux par un ensemble de
réseaux de transports en commun et des circulations douces
permettant une desserte satisfaisante de l’agglomération et de
ses périphéries.
La maîtrise foncière publique et volontaire reste la condition
indispensable à la réalisation de ces objectifs.
Des villes plus respectueuses de l’environnement et des
générations futures
Pour limiter l’étalement urbain et préserver les ressources
naturelles, préférons la ville compacte !
Sanctuarisons les espaces naturels existant entre les zones
urbanisées pour protéger les agglomérations.
Encourageons des formes d’habitat plus cohérentes avec le
développement durable et permettant de satisfaire les aspirations
de nos concitoyens en matière de nouveaux modes de vie.
Développons l’écologie urbaine.
Soutenons l’innovation en matière d’utilisation
des matériaux et
de conception architecturale, puisque c’est dans la matière grise
que se trouve le premier gisement d’économies d’énergie.
N’écartons pas les opérations de réhabilitation
des quartiers et
des bâtiments existants plutôt que leurs destructions violentes ;
privilégions la préservation du lien social.
Des villes plus belles et plus conviviales
Les villes doivent être la fierté de leurs habitants. Pour qu’elles
le deviennent ou qu’elles le demeurent, les architectes souhaitent
promouvoir une architecture du quotidien, de l’audace et de l’art
de vivre.
Maires, Citoyens, 80 % des Français vivent aujourd’hui en milieu
urbain.
En mettant à votre service leurs réflexions, leur savoir-faire
et leur enthousiasme, les architectes proposent que la culture
architecturale soit présente et vivante dans chaque débat organisé
autour des opérations d’aménagement de votre territoire.
La France d’aujourd’hui a besoin d’architectures
pour
produire du lien et du lieu, pour articuler la ville d’hier avec
celle de demain.

6.2.08

Dubaï provençal

Aujourd'hui Constructa a présenté officiellement ses projets de tours... Zaha Hadid a toujours la plus grosse ! ouf...

5.2.08

Patrimoine mondial de l'UNESCO: la France propose Le Corbusier

La ministre de la Culture Christine Albanel a signé mercredi, au nom de la France et en association avec cinq autres pays, le dossier de candidature à l'inscription en 2009, dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, de l'oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier.
La signature a eu lieu en présence des ambassadeurs auprès de l'UNESCO des pays associés, Allemagne, Argentine, Belgique, Japon et Suisse, où se trouvent, avec la France, les 22 oeuvres présentées.
Selon le projet, initié en 2002 par la Fondation Le Corbusier à Paris et le ministère de la Culture français, l'oeuvre de Le Corbusier "possède un caractère universel sur le plan historique, comme contribution fondamentale à l'architecture et à l'urbanisme moderne du XXe siècle". Ses réalisations sont reconnues comme autant d'"oeuvres majeures et constituent autant de dates-clefs de l'histoire de l'architecture", ajoute le dossier.
Charles Edouard Jeanneret-Gris, né à La Chaux De Fonds (Suisse) le 6 octobre 1887, et connu sous le pseudonyme de Le Corbusier (1887-1965) a été l'un des premiers, sinon le premier architecte, à construire dans le monde entier.
Architecte, urbaniste, mais également peintre, sculpteur et écrivain, il a construit principalement en France, en Inde et en Suisse, mais également en Allemagne, en Argentine, en Belgique, au Japon, en Russie, aux Etats-Unis, en Irak et en Tunisie.
Les oeuvres présentées selon sept catégories, sont les suivantes :
La résidence-atelier : Maison Guiette, Anvers, Belgique, Maison Cook, Boulogne-sur-Seine, France
La maison individuelle : Maison Jeanneret-Perret et Maison Schwob, La Chaux-de-Fonds, Suisse ; Maisons La Roche et Jeanneret, Paris, France ; Villa le Lac, Corseaux, Suisse ; Villa Savoye, Poissy, France ; Maison du Docteur Curutchet, La Plata, Argentine ; Maisons Jaoul, Neuilly-sur-Seine, France.
L'habitat standardisé: Cité Frugès, Pessac, France ; Maisons du Weissenhof-Siedlung, Stuttgart, Allemagne ; Cabanon de Le Corbusier, Roquebrune-Cap-Martin, France.
L'habitat collectif : Cité de refuge de l'Armée du Salut, Paris ; Immeuble Clarté, Genève, Suisse ; Pavillon Suisse à la Cité universitaire, Paris ; Immeuble Molitor/ Appartement LC, Paris ; Unité d'habitation, Marseille.
L'architecture sacrée : Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp, France ; Couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette, Eveux-sur-Arbresle, France.
Les grands programmes standards type : Usine Claude et Duval, Saint-Dié, France ; Musée des beaux Arts, Tokyo, Japon.
Urbanisme: Site de Firminy-Vert, Firminy, France

31.1.08

Kengo Kuma à Marseille

Dans quelques années, Marseille risque bien d'être une destination très prisée des amateurs d'architecture. Après Jean Nouvel et Zaha Hadid, c'est au tour du Japonais Kengo Kuma de décrocher un projet au pays de Pagnol.

Vainqueur d'un concours organisé récemment, l’architecte japonais réalisera en effet un nouveau bâtiment pour le Fonds régional d'art contemporain, en collaboration avec l’agence parisienne Toury Vallet. Lancé par la Région Provence Alpes Côte d’Azur, ce projet de 9,8 millions d’euros verra le jour en 2011 dans le périmètre d’Euroméditerranée. Ce bâtiment de 5433 m2 abritera plusieurs espaces dédiés aux expositions, conférences, ressources documentaires et à la restauration. Volumétriquement, le bâtiment sera creusé par endroit de façon à faire apparaître, par transparence, des oeuvres en rue.

Ce projet s'inscrit dans la vaste restructuration qui attend Marseille ses prochaines années. Ainsi, le chantier du futur siège du groupe maritime CMA CGM, une tour conçue par Zaha Hadid, a débuté en mars dernier dans les anciens docks de la ville. D'autres projets d'envergure sont également annoncés, comme le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, de Rudy Ricciotti; une tour de 130 mètres signée Jean Nouvel; ou encore un projet mixte de Massimiliano Fuksas.

26.1.08

Architectes, ne vous occupez plus de rien, la police est là.


Violences urbaines : la police s'empare de la
rénovation des quartiers
LE MONDE | 26.01.08

Ne plus construire de dalles d'où des émeutiers pourraient lancer des pierres. Positionner des plots en béton devant les commerces risquant d'être visés par une voiture-bélier. Supprimer les auvents devant les halls d'immeubles pour empêcher les rassemblements de jeunes... Dans une logique de prévention de la délinquance, le ministère de l'intérieur entend peser de plus en plus sur les choix urbanistiques, notamment pour les aménagements importants des quartiers.


Jusque-là ponctuelles, ces interventions vont se multiplier avec la mise en oeuvre d'une disposition de la loi de la prévention de la délinquance du 5 mars 2007, rendant obligatoire la réalisation d'études de sécurité publique pour les projets les plus sensibles. En jouant sur le facteur "urbanisme", le ministère de l'intérieur souhaite ainsi "dissuader les passages à l'acte", "bloquer" et "retarder" les actions malveillantes, en "réduire leurs effets" et faciliter l'intervention des forces de l'ordre, comme l'explique une note interne de la direction centrale de la sécurité publique.

Le ministère de l'intérieur s'appuie sur l'expérience acquise, depuis des années, par les organismes HLM, les entreprises de transports publics et des collectivités locales dans la prise en compte de la dimension sécuritaire, en amont, au moment des constructions. Il dispose également d'informations cartographiques sur les lieux les plus criminogènes et d'analyses sur les habitudes des délinquants. "Les policiers de terrain connaissent leur territoire et les erreurs d'aménagement qui compliquent leur travail ou facilitent celui des délinquants", explique le commissaire Philippe Tireloque, responsable du bureau du conseil en sécurité urbaine au ministère de l'intérieur.

Les consignes ont déjà commencé à être intégrées dans les rénovations urbaines conduites depuis 2003. Une convention lie même l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) et le ministère de l'intérieur depuis 2006. "Dans les opérations conduites par l'ANRU, on constate que l'avis des directions départementales de la sécurité publique est demandé de plus en plus souvent", note Béatrix Mora, qui suit ces dossiers pour l'Union sociale pour l'habitat. Les préfets, en particulier, se font les relais, très efficaces, des analyses policières.

Les conseils apportés par la police touchent des domaines extrêmement variés. Par exemple pour lutter contre les violences urbaines. "Lors des émeutes, on fait face à des jets de projectiles venant des immeubles. On défend donc la suppression des toits plats, qui permettent le stockage des pierres et la circulation d'un immeuble à un autre, pour préférer des toits pentus", souligne M. Tireloque. Le même raisonnement vaut pour les passerelles surplombant les routes, comme à Evry : l'intérieur suggère de les supprimer, surtout "si elles présentent un risque de détournement d'usage (squat, racket) ou de sécurité pour les services de police ou de secours (jets de projectiles)".

Il préconise également de couper les "coursives", comme à Toulouse, et de casser ou de couvrir les "dalles", comme à Argenteuil, qui constituent des "points noirs" de la sécurité (jets de pierre, points de guet, etc.). Le ministère suggère d'enterrer les containers à ordures pour éviter les incendies, de choisir du mobilier urbain résistant aux dégradations et de protéger les points de distribution électrique pour parer les coupures de courant par les émeutiers.

La police entend aussi éviter les constructions gênant son travail quotidien. "Sur les parkings extérieurs ont été installés des dispositifs empêchant l'installation des gens du voyage. Mais dans certains cas, cela interdit aussi le passage des cars de police", relève M. Tireloque. Les quartiers où la circulation des véhicules de police est impossible, comme celui de la Grande-Borne, à Grigny (Essonne), sont proscrits par le ministère.

Celui-ci relaie aussi les inquiétudes des organismes HLM face aux occupations sauvages de halls d'immeubles. Par exemple, en suggérant de ne plus construire d'auvents, qui facilitent les regroupements de jeunes en leur offrant un abri. Ou en choisissant d'encastrer les boîtes à lettres pour éviter les dégradations.

L'éclairage constitue un autre domaine d'intervention. Dans ses fiches techniques, le ministère de l'intérieur préconise une intensité minimale, variable selon les lieux : 22 lux en extérieur, 40 voire 80 lux, pour un parking. La police attire aussi l'attention sur les effets pervers des haies trop hautes qui peuvent masquer une agression. "La visibilité est un élément central de la prévention. Etre vu et voir assez loin est un des premiers facteurs de tranquillité", note Eric Chalumeau, directeur d'Icade-Suretis, une filiale du groupe immobilier chargée de la prévention de l'insécurité, et auteur d'un Guide des études de sûreté et de sécurité publique (La Documentation française).

Mais cette prévention s'effectue aussi de manière plus douce. Depuis une dizaine d'années, les organismes HLM privilégient la "résidentialisation" de leurs constructions grâce à des haies, des murets ou des barrières. L'idée est de répondre à la demande des habitants de bénéficier d'une plus grande intimité. C'est aussi un moyen jugé efficace pour séparer l'espace public et l'espace privé et donc prévenir "occupations sauvages" et cambriolages. "On ne touche évidemment pas aux causes profondes de la délinquance. Mais tout ceci peut avoir un impact sur le passage à l'acte", résume M. Chalumeau.

Luc Bronner