23.8.07

Quand l'architecture focalise sur l'esthétique...

Un article trouvé dans La Marseillaise :

Qualité architecturale n’est pas forcément synonyme de qualité urbanistique. Si les tours proposent des objets spectaculaires… et rentables, derrière, au sol, des gens vivent. Architecte et urbaniste œuvrant à Marseille, Guy Sroka propose une analyse dissonante dans le concert de louanges que suscite le programme d’immeubles de grande hauteur sur le périmètre Euroméditerranée.

Vous dénoncez le danger d’une architecture spectaculaire ?

C’est un vieux débat mais on peut encore aujourd’hui réfléchir à l’évolution de l’architecture qui, d’une certaine manière, a abandonné la dimension sociale inhérente à sa discipline pour se donner toute entière au design. La venue d’objets spectaculaires sur Marseille présente cependant des avantages. Cela a une vertu pédagogique indéniable pour les habitants qui, jusque-là, ne connaissaient que « l’ovni » de l’Hôtel du Département conçu par William Alsop, Le Corbusier mis à part. Deuxièmement, cela ne pourra qu’améliorer le niveau général des constructions « courantes » de bureaux et d’habitat qui, aujourd’hui, sont de la plus grande banalité. Enfin, c’est probablement le prix à payer pour accéder à la notoriété internationale, Marseille étant en concurrence avec des villes comme Lyon, Gènes ou Barcelone qui ont, toutes, l’objet architectural symbolisant leur renaissance. Mais face à la profusion des objets sur Marseille, quel sera celui qui sera le plus à même de représenter Marseille ?

Mais vous dites aussi qu’une architecture de qualité n’est pas forcément synonyme d’urbanisme de qualité ?

Non et c’est précisément le danger. En effet, le débat ne se focalise plus sur les grands enjeux de société, sur l’avenir et le cadre de vie des habitants mais sur l’esthétisme. Le projet Euroméditerranée ne suscite aucun débat contradictoire, aucune critique formelle n’est formulée par la classe politique, par les architectes et même les associations se cantonnent à des interventions contre les expulsions. Or, cela a des conséquences multiples dont la plus significative est l’absence de toute concertation avec la population : les habitants sont seulement informés lors d’opérations purement médiatiques.

Tout ceci dissimule pour vous les orientations ultra-libérales de ce plan de développement urbain ?
La traduction spatiale de l’ultra-libéralisme se manifeste par l’adoption d’un plan d’urbanisme privilégiant les zones constructibles au détriment de l’espace commun et par une densité bâtie maximum sur une surface au sol minimum. Ce que l’on retrouve sur Euroméditerranée qui propose une déréglementation autorisant des immeubles de grande hauteur et une série de micro espaces publics, le tout dans une vague philosophie de ville dense, « chaotique » et verte. Concrètement, les tours de bureaux sont rentables. Mais elles auront des ombres portées au sol qui vont indéniablement influer sur la qualité de vie des habitants qui, eux, vivront derrière. De plus, on n’a pas créé les grands espaces publics qui peuvent contrebalancer un urbanisme vertical comme avec Central Park à New-York. On a préféré disséminer de petits squares sans communauté d’échelle.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANGELIQUE SCHALLER - LA MARSEILLAISE - 22/08/2007

2 commentaires:

nicolas a dit…

pathétique, et la mer c'est quoi?
pas le plus gd espace public de la ville...comme si marseille était une ville dense...
vivement qu'ils partent tous à la retraite...

Anonyme a dit…

Slt!

Je pense qu'il apporte un élément intéressant : au delà de l'architecture d'Euromediterranée, il faudrait s'intéresser à la qualité des espaces publics. je dois dire que l'on est pas mal loti malgré tout avec la future Place de la Méditerranée, la Place de la Joliette réhabilitée, les "Placettes" (ce qui était prévu était plus...ambitieux malheureusement ) Arvieux et Espercieux... + Bd du Littoral/Bd de Dunkerque

Par contre, une réflexion sur le plan masse du Quartier d'Affaires a-t-elle été menée? Comment vont s'organiser les différents IGH sur le LT, autour de quelles lignes directrices?