28.3.06

Rennes s'offre un complexe culturel


D'un coût de 105 millions d'euros, le bâtiment, conçu par Portzamparc, rassemble des services déjà existants.
Maintes fois repoussé, le jour tant attendu est arrivé. L'ambitieux complexe culturel rennais des Champs-Libres, réunissant bibliothèque, musée de Bretagne et centre de culture scientifique et technique, ouvrira ses portes au public mardi. Que faut-il en penser ? Ou, plus crûment, à quoi ça sert ? A la première visite, l'impression est mitigée. Le bâtiment, signé Christian de Portzamparc, ne manque pas de caractère, mélangeant formes, matières et espaces avec audace, voire témérité.

Pyramide. Partant du principe qu'il fallait que «chacun ait sa maison» tout en créant une unité, le concepteur de la Cité de la musique à Paris a réuni trois formes pour les trois institutions présentes. Une pyramide de verre inversée haute de 35 mètres pour la bibliothèque, un cône coiffé d'un dôme recouvert d'écailles de zinc pour l'espace des sciences, ces deux entités traversant la troisième : un large parallélépipède rectangle «flottant au-dessus du rez-de-chaussée», où sont déployées les collections du musée de Bretagne.

Cet étonnant pari architectural en éclipserait presque le contenu. Celui-ci réserve moins de surprises, n'était un petit joyau muséographique situé au sixième étage de la bibliothèque (avec vue imprenable sur la tour de la Sécu) : les collections de l'écrivain Henri Pollès, dont les pièces de la maison-musée ont été fidèlement reconstituées. Du bureau à la chambre chinoise, jusqu'à la salle de bains 1920, ce n'est que profusion de livres, cartes postales, collages, statuettes et autres bibelots composant un véritable hymne, à la fois romantique et surréaliste, à la gloire de la littérature et du monde des arts du deuxième tiers du XXe siècle.

Autre point fort : le parti pris de placer dès le rez-de-chaussée une bibliothèque pour la jeunesse et le Laboratoire de Merlin qui, avec une trentaine de manipulations, permet d'ouvrir ses sens à des phénomènes physiques simples.

L'espace transversal dédié à l'histoire de la Bretagne, du paléolithique à nos jours, est plus inégal. Et le «parcours ouvert tel une promenade dans la ville» imaginé par Elizabeth de Portzamparc, épouse de l'architecte, mélangeant niches didactiques et présentation d'objets, ne convainc pas toujours, notamment dans sa partie la plus contemporaine retraçant les us et coutumes de la région sous forme d'un tracteur ou de filets de pêche. A noter un espace consacré à l'affaire Dreyfus dont le procès en révision eut lieu à Rennes en 1894.

A l'aise. Pour le reste, à l'étroit dans ses anciens locaux, la bibliothèque municipale trouve ses aises sur les six étages de la pyramide. Mention spéciale également à l'exposition permanente de l'Espace des sciences, consacrée à l'histoire géologique de la région, avec dent de requin géant et tête de fémur de mammouth retrouvée au mont Dol.

Mais fallait-il dépenser autant (105 millions d'euros) pour un équipement qui ne fait que rassembler des services déjà existants ? Les avis resteront sans doute partagés. En tout état de cause, comme l'a souligné Edmond Hervé, maire de Rennes depuis 1977 et président de l'agglomération, une «période de rodage» sera nécessaire pour que le public s'approprie ce bâtiment aux proportions intimidantes. Avec le métro Val, inauguré en 2002, ce sera une des plus importantes réalisations de ses différents mandats.
Par Pierre-Henri ALLAIN
samedi 25 mars 2006
Et à Marseille... rien !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et pendant ce temps là à Marseille, était organisé le championnat mondial de Paintball... chacun son ambition culturelle !

http://www.reportages-press.com/medias/spo39023.jpg

Faucon Maltais a dit…

Y z'ont pas un peu de thunes pour le marseillais, les bretons... Histoire que l'on puisse faire un musée nous-aussi.